La Joconde

Par Léonard de Vinci

Peinte par Léonard de Vinci au début du XVIe siècle, La Joconde est devenue bien davantage qu’un portrait : une image universelle. Son regard semble suivre celui qui l’observe, son sourire paraît changer selon l’instant, et le paysage derrière elle ouvre un espace presque irréel. Léonard y déploie toute la subtilité de son art, notamment par le sfumato, qui efface les contours et fait naître les formes dans la lumière. Conservée au musée du Louvre, l’œuvre est aujourd’hui l’une des images les plus reconnues au monde. Pourtant, derrière cette célébrité demeure une expérience très simple : celle d’un face-à-face entre un visage et celui qui le regarde.

01 Découvrir l’œuvre
Léonard de Vinci
LF153 · IDENTITÉ DE L’ŒUVRE

Caractéristiques

Technique Huile
Support Panneau de peuplier
Dimensions 77 × 53 cm
Année de création 1503
Édition Œuvre unique
Référence LF153 LF153-LEO-MONALISA-001

L’œuvre

Peinte au début du XVIe siècle par Léonard de Vinci, La Joconde est devenue bien davantage qu’un portrait. Son regard, son sourire et l’étrange profondeur du paysage qui l’entoure ont traversé cinq siècles sans perdre leur pouvoir d’attraction.

Derrière une image aujourd’hui connue de presque tous se cache pourtant une œuvre beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît. La regarder réellement, c’est oublier quelques instants l’icône universelle pour retrouver une femme, un peintre et une expérience du regard.

LF153 · L’ARTISTE

Léonard de Vinci

Vinci · Italie

« « Tout notre savoir a son origine dans nos perceptions. » »
Découvrir Léonard de Vinci

Présentation

Peintre, dessinateur, ingénieur et anatomiste, Léonard de Vinci incarne l'esprit de la Renaissance. Il observe le corps humain, le vol des oiseaux, l'eau, la lumière et les machines avec une même curiosité. Chez lui, l'art et la science ne sont pas deux mondes : ils sont deux façons de comprendre le réel.

LF153 · ARCHIVES

Les éléments ci-dessous permettent d’identifier et de documenter l’authenticité de cette œuvre.

Référence LF153LF153-LEO-MONALISA-001
Numéro d’œuvre1
SignatureNon renseignée
CertificatNon renseigné
LF153 · PASSEPORT DE L’ŒUVRE

Le passeport retrace les événements documentés de la vie de l’œuvre.

1503
Création

Début de la création de La Joconde

Atelier de Léonard de Vinci · Florence · Italie

Léonard de Vinci commence à Florence le portrait aujourd’hui connu sous le nom de La Joconde. La réalisation de l’œuvre se prolongera pendant plusieurs années, au fil de reprises et de transformations successives.

1518
Collection

La Joconde dans les collections de François Ier

Château de Fontainebleau · Fontainebleau · France

Après l’arrivée de Léonard de Vinci en France, La Joconde entre dans les collections royales de François Ier. L’œuvre est ensuite conservée dans les collections de la Couronne française.

1797
Collection

LA JOCONDE ENTRE AU MUSÉE DU LOUVRE

Musée du Louvre · Paris · France

Issue des anciennes collections royales françaises, La Joconde rejoint en 1797 les collections de peintures du Louvre, devenu musée national après la Révolution. Elle y est présentée au public à la fin du XVIIIe siècle, ouvrant un nouveau chapitre de son histoire : celui d’une œuvre royale devenue patrimoine national.

1800
Deplacement

LA JOCONDE DANS LES APPARTEMENTS DE NAPOLÉON

Palais des Tuileries · Paris · France

Vers 1800, La Joconde quitte temporairement le Louvre pour être installée dans les appartements de Napoléon Bonaparte au palais des Tuileries. Elle aurait notamment été exposée dans ses appartements privés avant de regagner les collections du musée quelques années plus tard. Cet épisode singulier rappelle le statut encore particulier de l’œuvre au début du XIXe siècle, à la frontière entre collection nationale et décor du pouvoir.

1911
Evenement

La Joconde disparaît du Louvre

Musée du Louvre · Paris · France

Le 21 août 1911, La Joconde est dérobée au musée du Louvre par Vincenzo Peruggia, ancien ouvrier du musée. Sa disparition provoque une immense couverture médiatique en France et à l’étranger. Pendant plus de deux ans, le tableau reste introuvable. L’affaire contribue paradoxalement à transformer La Joconde en véritable icône mondiale.

1913
Evenement

La Joconde est retrouvée à Florence

Hôtel Tripoli-Italia · Florence · Italie

Après plus de deux ans de disparition, La Joconde réapparaît à Florence. Vincenzo Peruggia tente de vendre le tableau à l’antiquaire Alfredo Geri, qui alerte les autorités après avoir fait authentifier l’œuvre. Peruggia est arrêté et La Joconde est récupérée. Avant son retour en France, elle est exposée en Italie, où sa réapparition provoque un immense retentissement.

1963
Evenement

La Joconde voyage aux États-Unis

National Gallery of Art · Washington · États-Unis

En janvier 1963, La Joconde quitte exceptionnellement le musée du Louvre pour être présentée aux États-Unis. Accueillie à Washington à la National Gallery of Art, puis exposée au Metropolitan Museum of Art à New York, elle attire des foules considérables. Ce voyage spectaculaire confirme le statut international de l’œuvre, devenue bien au-delà du musée une véritable icône culturelle.

1966
Deplacement

LA JOCONDE S’INSTALLE DANS LA SALLE DES ÉTATS

Musée du Louvre · Paris · France

En 1966, La Joconde est installée dans la Salle des États, la plus vaste salle du musée du Louvre. Ce nouvel emplacement répond à la célébrité croissante de l’œuvre et à la nécessité d’accueillir un public toujours plus nombreux. La Joconde y côtoie les grands maîtres de la peinture vénitienne, notamment Les Noces de Cana de Véronèse. À l’exception de déplacements temporaires liés notamment aux travaux du musée, la Salle des États demeure depuis lors son principal lieu d’exposition au Louvre.

2019
Deplacement

LA JOCONDE CHANGE DE SALLE

Musée du Louvre · Paris · France

En 2019, pendant la rénovation de la Salle des États, La Joconde est temporairement déplacée dans la Galerie Médicis du musée du Louvre. L'opération, menée avec des précautions exceptionnelles, rappelle que même l'une des œuvres les plus célèbres au monde reste un objet matériel fragile, soumis aux contraintes de conservation, de sécurité et d'exposition.

2024
Evenement

LA JOCONDE VISÉE PAR UNE ACTION MILITANTE

Musée du Louvre · Paris · France

Le 28 janvier 2024, deux militantes projettent de la soupe sur la vitre protégeant La Joconde au musée du Louvre. L’œuvre, protégée par un vitrage de sécurité, n’est pas endommagée. L’événement, largement relayé dans le monde, illustre une nouvelle fois la puissance symbolique de La Joconde : au-delà de l’œuvre elle-même, son image devient le support d’une action destinée à obtenir une visibilité internationale.

2026
Evenement

LE FUTUR ESPACE DE LA JOCONDE PREND FORME

Musée du Louvre · Paris · France

En 2026, une nouvelle étape est franchie dans la transformation du Louvre avec la sélection du projet architectural destiné à réorganiser notamment l’accueil et la présentation de La Joconde. L’œuvre doit à terme disposer d’un espace spécifiquement conçu pour elle, afin d’améliorer les conditions de visite et de répondre à l’affluence exceptionnelle qu’elle suscite. En attendant cette transformation, La Joconde demeure exposée dans la Salle des États.

LF153 · STATUT DE L’ŒUVRE

Œuvre conservée dans une collection publique

Cette œuvre appartient à une collection publique et n’est pas proposée à l’acquisition.

Statut Collection Publique
Localisation actuelle Musée du Louvre
Acquisition de l’original Non disponible
Référence LF153 LF153-LEO-MONALISA-001

L’original n’est pas disponible à l’acquisition.

LF153 · RÉCIT

L’HISTOIRE DE L’ŒUVRE

L’histoire de La Joconde commence à Florence au début du XVIe siècle. Le modèle est traditionnellement identifié comme Lisa Gherardini, épouse du marchand florentin Francesco del Giocondo — origine du nom italien La Gioconda et du français La Joconde.

Léonard commence probablement le portrait vers 1503, mais l’œuvre connaît une histoire inhabituelle : il semble ne jamais l’avoir considérée comme définitivement achevée. Il la conserve avec lui et continue vraisemblablement à la retravailler pendant plusieurs années.

Lorsque Léonard rejoint la France à l’invitation de François Ier, il emporte le tableau avec lui. L’œuvre passe ensuite dans les collections royales françaises avant de devenir, après la Révolution, une œuvre du patrimoine national.

Mais l’histoire de La Joconde dépasse progressivement celle du tableau lui-même. Son vol au Louvre en 1911, sa redécouverte deux ans plus tard, ses voyages exceptionnels, puis l’explosion de sa reproduction dans la presse, la publicité, le cinéma et la culture populaire transforment profondément son statut.

Une peinture de la Renaissance devient une image mondiale.

Aujourd’hui, des millions de personnes connaissent La Joconde sans avoir jamais vu l’œuvre originale. Elle existe simultanément comme tableau, chef-d’œuvre de musée, symbole culturel, objet médiatique et image continuellement reproduite et détournée.

C’est précisément ce qui rend son histoire singulière : plus de cinq siècles après sa création, La Joconde continue de produire de nouvelles histoires.

Chaque œuvre conserve la mémoire de sa création, des intentions de l’artiste et des rencontres qui ont accompagné son parcours.

LF153 · REGARD

PREMIÈRE RENCONTRE

Vous connaissez probablement La Joconde avant même de l’avoir réellement regardée.

Son visage est partout : dans les livres, les films, la publicité, sur des affiches, des objets, des vêtements et dans des milliers de détournements. Elle fait partie de notre mémoire visuelle avant même notre première rencontre avec l’œuvre.

Puis vient parfois le Louvre. Une salle pleine, des téléphones levés, une vitre, une distance de sécurité et, au centre, un tableau étonnamment petit.

La première réaction peut être une surprise : « C’est ça, La Joconde ? »

C’est précisément à cet instant que la rencontre peut commencer.

Oublier quelques secondes sa célébrité. Ne plus chercher le tableau que l’on connaît déjà. Regarder le visage, les mains, la lumière, le paysage. Se déplacer légèrement et revenir vers les yeux ou le sourire.

La difficulté avec La Joconde n’est peut-être pas de la découvrir. C’est de réussir à la regarder comme si nous ne l’avions jamais vue.

POURQUOI REGARDER CETTE ŒUVRE

Parce que connaître une image n’est pas la même chose que regarder une œuvre.

La Joconde est devenue si célèbre qu’elle constitue une expérience presque unique : nous arrivons devant elle avec cinq siècles d’histoire, des millions de reproductions et une idée déjà construite de ce que nous allons voir.

La regarder permet précisément de dépasser cette image préfabriquée.

Prenez quelques instants. Oubliez son prix, sa célébrité, son vol, les foules du Louvre et même son fameux sourire.

Regardez simplement la peinture.

Vous découvrirez peut-être que l’œuvre la plus célèbre du monde contient encore des choses que vous n’aviez jamais vues.

CE QU’IL FAUT REGARDER

Le sourire
Ne le fixez pas immédiatement. Regardez les yeux, puis revenez vers la bouche. Le sourire semble parfois plus présent lorsqu’on ne le regarde pas directement.

Les yeux
Déplacez légèrement votre regard. L’impression que La Joconde vous suit vient moins d’un effet spectaculaire que de la subtilité avec laquelle Léonard construit le visage et la lumière.

Les mains
Elles occupent une place essentielle dans la composition. Leur calme, leur position et leur modelé prolongent l’expression du visage. Léonard fait presque un second portrait avec les mains.

Les contours
Cherchez la limite exacte entre la joue et l’ombre, entre les lèvres et la peau. Elle devient difficile à trouver. C’est l’un des effets du sfumato : les formes émergent progressivement plutôt que d’être enfermées par un trait.

Le paysage
Regardez maintenant derrière elle. Routes, eau, montagnes et formations rocheuses composent un territoire étrange qui semble appartenir à un autre temps.

L’horizon
Comparez les deux côtés du visage : les lignes du paysage ne semblent pas parfaitement raccordées. Cette légère instabilité contribue à l’étrangeté générale du tableau.

Puis reculez.
Ne cherchez plus un détail particulier. Regardez l’ensemble.

La Joconde n’est peut-être pas une image immobile. Elle se construit à mesure que votre regard se déplace.

LE REGARD D’ATHÉNA

La Joconde pose une question étrange : regardons-nous encore l’œuvre, ou regardons-nous sa célébrité ?

Des millions de personnes connaissent son visage. Très peu pourraient pourtant décrire précisément ses mains, le paysage derrière elle, la forme de son vêtement ou même la lumière qui modèle son visage.

C’est le paradoxe de l’icône : plus une image devient célèbre, plus elle risque de devenir invisible.

Léonard avait construit une peinture qui demande du temps. Le sfumato efface les frontières, le sourire semble changer, le regard paraît se déplacer et le paysage refuse une lecture immédiate. Rien n’est véritablement spectaculaire. Tout repose sur des variations presque imperceptibles.

Cinq siècles plus tard, nous la rencontrons souvent dans les conditions exactement opposées : quelques secondes, une foule, un téléphone tendu devant nous et l’envie de repartir avec la preuve que nous étions là.

Pourtant, l’œuvre n’a pas changé.

C’est notre manière de la regarder qui a changé.

Et peut-être est-ce là que La Joconde reste profondément contemporaine. Elle nous oblige à choisir entre reconnaître une image et rencontrer une œuvre.

ATHÉNA ne cherche donc pas à expliquer son sourire.

Elle pose une autre question :

combien de temps faut-il regarder quelque chose que l’on croit déjà connaître pour recommencer à le voir ?

L’ŒUVRE AUJOURD’HUI

Plus de cinq siècles après sa création, La Joconde n’est plus seulement un tableau de Léonard de Vinci. Elle est devenue une image universelle.

Conservée au musée du Louvre à Paris, elle attire chaque année une foule considérable de visiteurs venus parfois autant rencontrer sa célébrité que contempler la peinture elle-même.

Son visage a quitté depuis longtemps les murs du musée. Duchamp lui ajoute une moustache, Warhol la multiplie, la publicité la détourne, Internet la transforme en même. Elle apparaît sur des vêtements, des affiches, des objets et dans d’innombrables créations contemporaines.

Cette diffusion pourrait sembler affaiblir l’œuvre originale. Elle produit peut-être l’effet inverse : chaque nouvelle interprétation rappelle l’existence de cette petite peinture réalisée plusieurs siècles auparavant.

La Joconde appartient ainsi simultanément à plusieurs mondes : au patrimoine, à l’histoire de l’art, au musée et à la culture populaire.

Elle démontre surtout qu’une œuvre peut continuer à vivre longtemps après son créateur. Son support reste le même, mais les regards, les usages et les significations qui l’entourent ne cessent de changer.

La Joconde n’est donc pas seulement une œuvre du XVIe siècle. C’est une œuvre qui continue d’avoir lieu aujourd’hui.

CONTINUER LE VOYAGE

La Joconde peut être un point de départ plutôt qu’une destination.

Pour poursuivre le voyage, commencez par Léonard de Vinci lui-même. Ses dessins anatomiques, ses études scientifiques et ses autres peintures permettent de comprendre que le sfumato, le paysage et l’expression de La Joconde appartiennent à une recherche beaucoup plus vaste sur le vivant et la perception.

Regardez ensuite La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne : on y retrouve cette douceur des transitions, cette présence presque physique des personnages et un paysage qui semble appartenir à un monde en formation.

Puis changez d’époque.

Avec Marcel Duchamp, La Joconde devient matière à provocation. Avec Andy Warhol, elle entre dans le monde de la reproduction et de la culture de masse. L’œuvre originale reste au Louvre tandis que son image commence une autre existence.

C’est peut-être le voyage le plus intéressant.

Suivre non seulement les œuvres qui ont influencé La Joconde, mais toutes celles que La Joconde a rendues possibles.

Le plus difficile n’est pas de voir La Joconde. C’est de réussir à la regarder.

ET VOUS ?

01
Si vous n’aviez jamais entendu parler de La Joconde, la regarderiez-vous de la même manière ?
02
Regardez-vous réellement son sourire, ou cherchez-vous le sourire dont tout le monde parle ?
03
Une œuvre change-t-elle lorsque notre regard sur elle change ?
04
La foule, la vitre et les téléphones autour de La Joconde font-ils désormais partie de l’expérience de l’œuvre ?
05
Quand une œuvre est reproduite des millions de fois, son image lui appartient-elle encore ?
06
Après l’avoir regardée autrement, voyez-vous encore la même Joconde ?