Présentée à la Serpentine North Gallery de Londres du 16 février au 7 avril 2024, Echoes of the Earth: Living Archive est une exposition-installation temporaire de Refik Anadol. Elle réunissait des environnements numériques, immersifs et génératifs issus d’expérimentations menées pendant plusieurs années à partir de données visuelles de récifs coralliens et de forêts tropicales.
La présentation comprenait notamment Living Archive: Large Nature Model, une nouvelle commande adaptée spécifiquement à la Serpentine North et montrée pour la première fois au Royaume-Uni. Dans cette installation, des images générées par IA recouvraient les murs de la galerie à partir de données relatives à la flore, aux champignons et à la faune de plus de seize sites de forêts tropicales. L’exposition présentait également Artificial Realities: Coral, expérience sonore et vidéo consacrée aux récifs coralliens, ainsi qu’Artificial Realities: Rainforest.
Plutôt que de proposer un paysage fixe, l’exposition transforme des données environnementales en une expérience enveloppante. La Serpentine l’a formulée comme une réflexion sur la manière dont la technologie modifie la perception du monde naturel, du temps et de l’espace.
Los Angeles · Turquie / États-Unis
« Can a machine learn? Can it dream? Can it hallucinate? »Découvrir Refik Anadol →
Refik Anadol est un artiste des médias turco-américain né à Istanbul en 1985, vivant et travaillant à Los Angeles. Avec Refik Anadol Studio, il transforme des ensembles de données, des archives et des flux environnementaux en installations immersives, sculptures de données et œuvres génératives assistées par intelligence artificielle. Sa pratique interroge les relations entre mémoire collective, architecture, perception et machine.
par Refik Anadol
Pour Echoes of the Earth: Living Archive, Refik Anadol et son studio ont travaillé à partir de données environnementales liées aux récifs coralliens, aux paysages sous-marins et aux forêts tropicales. Le dossier établit que les données forestières mobilisées pour Living Archive: Large Nature Model concernaient la flore, les champignons et la faune de plus de seize sites de forêts tropicales dans le monde ; elles avaient notamment été collectées par LiDAR et photogrammétrie.
Ces données ne servent pas à représenter directement un lieu particulier. Elles sont transformées en images générées par IA qui recouvrent les murs de la Serpentine North. Le choix d’une commande conçue pour cette galerie fait de l’architecture elle-même une composante de l’installation : l’espace devient le support d’images en mouvement plutôt qu’un simple lieu d’accrochage.
La démarche associe ainsi art visuel, sciences et technologies, selon les termes de la Serpentine. Le projet est lié au Large Nature Model, présenté par la Serpentine comme un modèle d’IA générative open source consacré à la nature ; cette qualification relève de la présentation institutionnelle du projet. La page de Refik Anadol crédite par ailleurs Refik Anadol Studio et une équipe de collaborateurs pour sa réalisation.
Parmi les sources de conception documentées figurent les données visuelles de récifs coralliens et de forêts tropicales, ainsi que les données relatives à la flore, aux champignons et à la faune provenant de plus de seize sites forestiers. Pour Living Archive: Large Nature Model, la collecte par LiDAR et photogrammétrie constitue un autre ancrage concret du processus.
Le dossier permet de rapprocher ces matériaux de la volonté de ne pas montrer un paysage particulier de manière directe, mais de transformer des données environnementales en images générées par IA. On peut ainsi lire les récifs et les forêts moins comme des motifs à reproduire que comme des sources de formes, de mouvements et d’environnements visuels. Cette lecture est interprétative ; le fait documenté est que la Serpentine inscrit l’exposition dans une interrogation sur la perception de la nature, du temps et de l’espace.
Los Angeles · Turquie / États-Unis
« Can a machine learn? Can it dream? Can it hallucinate? »
Refik Anadol est un artiste des médias turco-américain né à Istanbul en 1985, vivant et travaillant à Los Angeles. Avec Refik Anadol Studio, il transforme des ensembles de données, des archives et des flux environnementaux en installations immersives, sculptures de données et œuvres génératives assistées par intelligence artificielle. Sa pratique interroge les relations entre mémoire collective, architecture, perception et machine.
L’acquisition concerne exclusivement l’œuvre originale.
Pièce unique réalisée par l’artiste.
L’exposition est présentée en 2024 à Serpentine North comme la première grande exposition institutionnelle de Refik Anadol au Royaume-Uni. Une partie du projet est également montrée au World Economic Forum, au Davos Congress Center, en 2024. L’exposition est ensuite annoncée à FUTURA SEOUL comme sa première présentation asiatique.
Chaque œuvre conserve la mémoire de sa création, des intentions de l’artiste et des rencontres qui ont accompagné son parcours.
La première rencontre est celle d’un espace dont les murs ne restent pas neutres. Dans Living Archive: Large Nature Model, les images générées par IA les recouvrent et déplacent immédiatement l’attention du visiteur : il ne fait plus face à une image isolée, il entre dans un environnement construit à partir de données de flore, de champignons et de faune.
C’est une expérience que l’on peut lire comme un glissement du paysage vers l’immersion. Les données ne sont pas visibles comme des relevés ; elles deviennent une présence mouvante à l’échelle de la galerie.
Parce que l’œuvre fait d’un geste technique précis — transformer des données de récifs, de paysages sous-marins et de forêts tropicales en images générées par IA — une expérience spatiale. Prendre le temps de la regarder permet de percevoir comment les murs de la galerie deviennent le lieu d’une rencontre entre données environnementales, mouvement d’image et immersion.
• Les murs de la galerie recouverts d’images générées par IA dans Living Archive: Large Nature Model.
• Le passage des données de flore, de champignons et de faune à un environnement visuel immersif.
• La place du son et de la vidéo dans Artificial Realities: Coral, consacré au rôle des récifs coralliens dans l’écosystème océanique.
• Le contraste entre les données recueillies dans plus de seize sites de forêts tropicales et leur apparition dans un seul espace londonien.
• La manière dont l’installation fait de la durée une part de l’expérience, notamment avec Artificial Realities: Rainforest, décrite par la Serpentine comme une visualisation continue de la nature par IA générative.
Cette exposition peut se lire comme une tension entre deux échelles. D’un côté, elle part de données collectées dans des récifs et des forêts tropicales, c’est-à-dire de milieux précis, nombreux et éloignés les uns des autres. De l’autre, ces informations sont reformées à l’échelle des murs de la Serpentine North, dans une image qui enveloppe le corps du visiteur.
Le terme « archive » prend alors une résonance particulière. Il ne désigne pas ici un classement immobile : les données sont mises en mouvement, traversées par une IA générative et rendues sensibles dans un espace d’exposition. C’est une lecture d’Athéna, fondée sur les éléments documentés du projet : l’œuvre semble moins demander de reconnaître une forêt ou un corail que d’éprouver la distance entre les données du vivant et leur apparition spectaculaire dans la galerie.
Aujourd’hui, Echoes of the Earth: Living Archive invite à interroger ce qui arrive aux environnements naturels lorsqu’ils passent par les données et l’IA générative. L’expérience ne remplace pas les récifs ni les forêts dont elle procède ; elle rend sensible une médiation, celle qui transforme des informations environnementales en images, en son et en espace.
La question demeure actuelle parce que l’exposition associe des écosystèmes majeurs pour la biodiversité à une technologie qui reconfigure la perception. À travers cette installation, on peut se demander ce que l’immersion rend plus proche — et ce qu’elle maintient à distance — du vivant qu’elle évoque.
Pour prolonger l’expérience, il est possible de regarder les composantes nommées de l’exposition : Artificial Realities: Coral, consacrée aux récifs coralliens, et Artificial Realities: Rainforest. Le Large Nature Model fournit aussi un contexte direct : la Serpentine le présente comme un modèle d’IA générative open source consacré à la nature, tandis que la page de Refik Anadol le situe au cœur du projet de recherche lié à l’exposition.
Ici, l’archive ne se consulte pas : elle se déploie sur les murs et place le visiteur au milieu des données du vivant.