PARIS • FRANCE
Rafael Lozano-Hemmer est un artiste électronique mexicain-canadien né à Mexico en 1967. En 1989, il obtient un B.Sc. en chimie physique à l’Université Concordia, à Montréal.
Sa pratique se situe au croisement de l’architecture, de la performance et des technologies interactives. Il conçoit des plateformes de participation publique à partir de lumières robotisées, fontaines numériques, dispositifs de surveillance informatisée, murs média et réseaux télématiques. Ses installations invitent les visiteurs à activer l’œuvre par leur présence, leur voix, leur ombre ou leurs données biométriques.
Lozano-Hemmer décrit ses œuvres de lumière et d’ombre comme des « antimonuments for alien agency ». Son travail a représenté le Mexique à la Biennale de Venise en 2007, une première pour un artiste du pays. Il a également réalisé des commandes publiques pour Mexico, Dublin, Tlatelolco, Vancouver, Abou Dabi et Bâle.
Ses œuvres figurent notamment dans les collections du MoMA et du Guggenheim à New York, de la Tate à Londres, du SFMOMA, du ZKM, ainsi que dans plusieurs collections canadiennes et mexicaines. Son atelier poursuit aujourd’hui une activité internationale à travers des installations permanentes, des expositions et des projets publics.
Chez Rafael Lozano-Hemmer, la technologie n’est pas un simple effet spectaculaire : elle sert à mettre en scène les relations entre les personnes, les corps et les espaces qu’elles occupent. Ses œuvres restent volontairement incomplètes sans l’engagement du public.
Dans un entretien pour Ars Electronica, l’artiste explique que la dépendance à la participation « est une affaire d’humilité » : une pièce n’existe réellement que si quelqu’un lui consacre du temps. Il cherche ainsi à créer des situations collectives qui préservent une forme d’intimité, même à grande échelle.
Sa pratique aborde aussi l’espace public comme un territoire politique. Plutôt que d’imposer un commentaire moral, il privilégie des cadres où des positions multiples peuvent émerger, et où la participation transforme les effets spéciaux en chaînes de causes et d’effets partagées.