PARIS • FRANCE
Pauline Veronica Boty naît le 6 mars 1938 à Croydon, dans le sud de Londres. Après une bourse obtenue en 1954, elle étudie à la Wimbledon School of Art, puis au Royal College of Art entre 1958 et 1961, dans la section vitrail.
Au début des années 1960, Boty participe activement à l’émergence du Pop Art britannique. Elle expose notamment dans l’exposition Blake, Boty, Porter, Reeve à Londres en 1961 et apparaît en 1962 dans le film documentaire de Ken Russell Pop Goes the Easel. Sa première exposition personnelle se tient à la Grabowski Gallery de Londres en 1963.
Son œuvre associe peinture, collage, vitrail et lithographie. Elle emprunte à la culture populaire ses vedettes, ses photographies de presse, ses chansons, ses films et ses motifs graphiques. Marilyn Monroe, la musique pop et le cinéma traversent ses compositions, où le désir féminin occupe une place affirmée. Dans ses œuvres ultérieures, cette énergie visuelle se double d’une attention plus explicite aux rapports de pouvoir, au sexisme, au patriarcat et aux conflits politiques contemporains.
Parallèlement à sa pratique plastique, Pauline Boty travaille sur scène, à la télévision, au cinéma et à la radio ; elle anime notamment l’émission radiophonique bimensuelle de la BBC The Public Ear. Elle meurt d’un cancer le 1er juillet 1966, à l’âge de vingt-huit ans. Après une longue période de relative mise à l’écart, son œuvre a fait l’objet d’une réévaluation majeure, notamment grâce aux recherches de l’historienne de l’art Sue Tate.
Pauline Boty fait de l’imagerie populaire un espace de désir, de plaisir et de prise de position. Sa peinture ne se limite pas à reprendre les signes de la célébrité ou de la consommation : elle les déplace depuis une subjectivité féminine, attentive aux ambiguïtés de la représentation des femmes.
Son œuvre met en tension l’éclat séduisant du Pop Art et une critique du « monde des hommes ». Elle articule ainsi culture médiatique, sexualité féminine, rapports de genre et préoccupations politiques, sans dissocier la force décorative de l’image de sa portée critique.