PARIS • FRANCE
Né le 12 février 1936 à Golfe-Juan-Vallauris, dans une famille de céramistes, Martial Raysse commence très tôt à peindre et à écrire. Il entreprend des études de lettres à Nice, mais s’oriente vers la peinture et la sculpture. Au milieu des années 1950, il fréquente la scène artistique niçoise, rencontre notamment Ben et Arman, et réalise des peintures, des assemblages d’objets trouvés et des poèmes-objets.
À partir de la fin des années 1950, Raysse incorpore des objets neufs issus des magasins Prisunic. Au début des années 1960, ses œuvres en plastique, ses couleurs artificielles et l’emploi du néon composent une vision critique et séduisante de la modernité consumériste. Il est associé au Nouveau Réalisme, tout en développant rapidement une voie singulière.
Après 1968, son travail connaît une profonde transformation. Il se détourne des signes les plus immédiatement pop de ses débuts, s’intéresse au cinéma et réinvestit la peinture figurative, la perspective, l’allégorie, les maîtres anciens et des techniques telles que la détrempe et la tempera. Son œuvre, menée à travers peinture, sculpture, dessin, photographie et film, demeure traversée par un dialogue entre images contemporaines, histoire de l’art et réflexion sur les conditions mêmes du regard.
La recherche de Martial Raysse interroge les images de son temps et les habitudes du regard. Dans les années 1960, il emprunte aux objets industriels, au plastique, au néon et aux codes de la consommation pour élaborer ce qu’il nomme une « hygiène de la vision ». Par la suite, son travail élargit cette interrogation : le retour à la peinture, à la perspective, à l’allégorie et aux techniques anciennes ne constitue pas un abandon de la modernité, mais une manière d’en éprouver les images au regard de l’histoire de l’art.