PARIS • FRANCE
Ernest Pignon-Ernest est né à Nice le 23 février 1942. Artiste français, il développe depuis les années 1960 une pratique qui fait de la rue à la fois le support, le contexte et la matière de ses œuvres éphémères.
En 1966, après avoir quitté Nice pour le Vaucluse, il réalise une première installation in situ sur le plateau d’Albion : des pochoirs inspirés d’Hiroshima, en réaction à l’implantation de la force de frappe nucléaire. En 1971, il intervient à Paris à l’occasion du centenaire de la Commune avec des sérigraphies de gisants grandeur nature installées sur les lieux des dernières barricades.
Ses interventions associent le dessin préparatoire, l’image imprimée à l’échelle du corps et le choix attentif d’un lieu. Elles ont notamment convoqué Arthur Rimbaud, Pier Paolo Pasolini, Antonin Artaud, Jean Genet, Pablo Neruda, Mahmoud Darwich et Maurice Audin. À Naples, à partir de 1988, son travail approfondit un dialogue avec les mythologies grecques, romaines et chrétiennes, ainsi qu’avec la peinture du Caravage.
Son œuvre, souvent considérée comme précurseure de l’art urbain, ne se réduit pas à l’affichage dans la ville : elle cherche à révéler les histoires, mémoires et tensions symboliques propres à chaque site. Élu à l’Académie des beaux-arts en 2021, il vit et travaille à Paris et Ivry.
La démarche d’Ernest Pignon-Ernest part d’un lieu réel : sa lumière, son espace, ses couleurs, mais aussi ce qui y demeure invisible — l’histoire, les souvenirs enfouis et la charge symbolique. Il y introduit une image, souvent un corps à l’échelle 1, afin de transformer le site en espace plastique et d’en révéler ou d’en perturber la mémoire.
Le dessin n’est pas pour lui une simple représentation autonome : il est un médium destiné à agir dans une situation précise. L’œuvre se construit dans la relation entre l’image, le lieu, son passé et les réactions qu’elle suscite.