PARIS • FRANCE
Né à Brooklyn le 22 décembre 1960, Jean-Michel Basquiat grandit à New York dans une famille d’origines haïtienne et portoricaine. À la fin des années 1970, il s’inscrit dans l’effervescence du Lower Manhattan : avec Al Diaz, il diffuse sous le nom de SAMO des phrases cryptiques dans l’espace urbain.
À partir de 1980, Basquiat transpose et élargit ce langage sur toile et sur papier. Sa pratique fait coexister peinture, dessin, texte, signes, listes, diagrammes, silhouettes, têtes, références anatomiques et images empruntées à l’histoire de l’art, à la publicité, au sport et à la musique. Les mots sont chez lui matière visuelle autant que porteurs de sens : ils peuvent être répétés, encerclés ou barrés pour attirer l’attention.
Son œuvre dialogue avec le jazz, le bebop, le hip-hop, le punk et la culture visuelle new-yorkaise. Elle convoque aussi des figures noires de la musique et du sport, tout en interrogeant la représentation, l’exclusion, le racisme et les mécanismes de pouvoir. Devenu une figure majeure de la scène artistique internationale au début des années 1980, Basquiat meurt à New York le 12 août 1988, à l’âge de 27 ans.
La pratique de Basquiat refuse les séparations nettes entre rue et musée, texte et image, histoire savante et culture populaire. Ses œuvres font se heurter des références multiples : anatomie, musique, poésie, sport, mythologies, médias et expérience urbaine.
Cette densité n’est pas un décor : elle rend visibles des histoires de représentation, d’effacement et de pouvoir. Ses figures, ses listes et ses mots barrés restent volontairement ouverts ; ils invitent le regardeur à relier les signes plutôt qu’à chercher un sens unique.