Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA est une œuvre numérique générative de Refik Anadol, présentée au Museum of Modern Art en 2022. Sur un grand écran LED, des formes visuelles animées et du son se transforment continuellement grâce à un algorithme génératif avec intelligence artificielle et à un dispositif matériel et logiciel conçu sur mesure.
L’œuvre puise dans les données publiquement disponibles de la collection du MoMA, que le modèle d’apprentissage automatique a été entraîné à interpréter. Lors de sa présentation dans l’Agnes Gund Garden Lobby, elle ne restait pas isolée de son cadre : la lumière, les mouvements, l’acoustique et la météo extérieure participaient à la variation de ses images et de son son. L’archive du musée devenait ainsi une matière mouvante, liée à l’activité du hall.
Los Angeles · Turquie / États-Unis
« Can a machine learn? Can it dream? Can it hallucinate? »Découvrir Refik Anadol →
Refik Anadol est un artiste des médias turco-américain né à Istanbul en 1985, vivant et travaillant à Los Angeles. Avec Refik Anadol Studio, il transforme des ensembles de données, des archives et des flux environnementaux en installations immersives, sculptures de données et œuvres génératives assistées par intelligence artificielle. Sa pratique interroge les relations entre mémoire collective, architecture, perception et machine.
par Refik Anadol
La composante principale d’Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA est décrite par le MoMA comme une sculpture de données à IA spécifique au site. Sa conception associe matériel et logiciel sur mesure, algorithme génératif avec intelligence artificielle, animation numérique en temps réel, écran LED et son.
Le modèle d’apprentissage automatique a été entraîné à interpréter les données publiquement disponibles de la collection du MoMA. Le système génère continuellement de nouvelles formes plutôt que de diffuser une séquence fixe. Dans le Gund Lobby, les signaux du lieu — lumière, mouvement, acoustique et météo extérieure — influaient sur les transformations visuelles et sonores. Le processus relie donc des données de collection à des conditions environnementales présentes, dans une installation dont les dimensions sont variables.
Parmi les sources de conception documentées, les données publiquement disponibles de la collection du MoMA occupent une place centrale : le modèle d’apprentissage automatique a été entraîné à les interpréter. Le lieu d’exposition constitue un second ancrage précis, puisque la lumière, les mouvements, l’acoustique et la météo extérieure du Gund Lobby influaient sur les images et le son.
Le dossier permet ainsi de rapprocher l’œuvre de deux matériaux distincts mais liés : l’archive du musée et l’environnement immédiat de sa présentation. Cette lecture reste interprétative : l’installation peut se comprendre comme un passage entre une mémoire de collection rendue exploitable par les données et un espace public dont les variations participent à la forme produite.
Los Angeles · Turquie / États-Unis
« Can a machine learn? Can it dream? Can it hallucinate? »
Refik Anadol est un artiste des médias turco-américain né à Istanbul en 1985, vivant et travaillant à Los Angeles. Avec Refik Anadol Studio, il transforme des ensembles de données, des archives et des flux environnementaux en installations immersives, sculptures de données et œuvres génératives assistées par intelligence artificielle. Sa pratique interroge les relations entre mémoire collective, architecture, perception et machine.
L’acquisition concerne exclusivement l’œuvre originale.
Pièce unique réalisée par l’artiste.
Le MoMA date l’œuvre de 2022 sur sa page d’exposition et dans sa checklist, tandis que son rapport d’acquisitions 2023 situe sa conception entre 2021 et 2022. L’ensemble acquis par le musée est décrit comme une œuvre numérique en trois parties : Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA, Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA Fluid Dreams et Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA Generative Study.
La composante principale a été montrée dans l’Agnes Gund Garden Lobby du Museum of Modern Art, du 19 novembre 2022 au 29 octobre 2023, dans l’exposition Refik Anadol: Unsupervised. Organisée par Michelle Kuo et Paola Antonelli, avec Lydia Mullin, cette présentation installait l’œuvre dans un lieu de passage public. Les conditions du hall, notamment la lumière, le mouvement, l’acoustique et la météo extérieure, influaient sur l’animation et le son.
L’œuvre a ensuite été acquise par le MoMA comme don de 1of1, mené par Ryan Zurrer, et de la RFC Collection, menée par Pablo Rodríguez-Fraile et Desiree Casoni. Le rapport d’acquisitions 2023 l’inscrit au département Media and Performance. Le MoMA indique également que l’œuvre est tokenisée sur une blockchain, présentée comme un registre public de l’art d’Anadol.
Chaque œuvre conserve la mémoire de sa création, des intentions de l’artiste et des rencontres qui ont accompagné son parcours.
À la première rencontre, le regard ne se fixe pas sur une image stable : il rencontre un grand mur-écran où des formes apparaissent et se transforment continuellement avec le son. On peut éprouver cette instabilité comme une image en train de se faire, d’autant que les conditions du Gund Lobby influaient elles aussi sur le dispositif.
Parce que l’œuvre fait coexister deux temporalités très concrètes : les données d’une collection muséale et les variations immédiates du Gund Lobby. Prendre le temps de la regarder, c’est observer comment une archive peut devenir une forme instable, sonore et dépendante de son environnement.
Cette œuvre peut se lire comme une archive qui renonce à l’alignement tranquille de l’inventaire. Les données publiquement disponibles de la collection du MoMA n’y sont pas présentées comme une liste d’objets : elles deviennent des formes visuelles et sonores en métamorphose.
Le détail décisif est peut-être l’ouverture du système au hall. La lumière, les passages, l’acoustique et la météo extérieure ne forment pas un simple décor autour de l’écran ; ils participent à ses variations. Dans cette lecture, la mémoire muséale n’est plus seulement conservée : elle est mise en mouvement par le présent du lieu qui l’accueille.
Aujourd’hui, l’œuvre peut faire penser à la place des données dans les institutions culturelles sans réduire cette question à une abstraction. Ici, des données de collection sont engagées dans une expérience visuelle et sonore qui reste changeante, parce qu’elle répond aussi à son environnement.
Cette situation rend sensible une tension contemporaine : conserver une mémoire n’implique pas nécessairement de la figer. Dans cette installation, l’archive du MoMA est mise en relation avec les passages, la lumière et l’acoustique d’un hall public ; elle devient, le temps de l’expérience, une matière qui se transforme.
Pour prolonger la découverte, on peut consulter la checklist de l’exposition Refik Anadol: Unsupervised, qui distingue les trois composantes de l’ensemble : l’œuvre principale, Fluid Dreams et Generative Study. La page d’exposition du MoMA permet aussi d’examiner plus précisément le rôle des données de collection et des signaux environnementaux du Gund Lobby dans le fonctionnement de l’installation.
Ici, l’archive ne se range pas : elle se transforme au rythme d’un hall en mouvement.