01 Découvrir l’œuvre
Refik Anadol
LF153 · IDENTITÉ DE L’ŒUVRE

Caractéristiques

Technique sculpture de données générative avec IA; animation numérique en temps réel, écran LED et son
Support Matériel et logiciel sur mesure ; écran LED
Dimensions Variables
Année de création 2022
Série Machine Hallucinations

L’œuvre

Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA est une œuvre numérique générative de Refik Anadol, présentée au Museum of Modern Art en 2022. Sur un grand écran LED, des formes visuelles animées et du son se transforment continuellement grâce à un algorithme génératif avec intelligence artificielle et à un dispositif matériel et logiciel conçu sur mesure.

L’œuvre puise dans les données publiquement disponibles de la collection du MoMA, que le modèle d’apprentissage automatique a été entraîné à interpréter. Lors de sa présentation dans l’Agnes Gund Garden Lobby, elle ne restait pas isolée de son cadre : la lumière, les mouvements, l’acoustique et la météo extérieure participaient à la variation de ses images et de son son. L’archive du musée devenait ainsi une matière mouvante, liée à l’activité du hall.

LF153 · L’ARTISTE

Refik Anadol

Los Angeles · Turquie / États-Unis

« Can a machine learn? Can it dream? Can it hallucinate? »
Découvrir Refik Anadol

Présentation

Refik Anadol est un artiste des médias turco-américain né à Istanbul en 1985, vivant et travaillant à Los Angeles. Avec Refik Anadol Studio, il transforme des ensembles de données, des archives et des flux environnementaux en installations immersives, sculptures de données et œuvres génératives assistées par intelligence artificielle. Sa pratique interroge les relations entre mémoire collective, architecture, perception et machine.

Le passeport de cette œuvre ne contient encore aucun événement public.
LF153 · ACQUISITION

L’acquisition concerne exclusivement l’œuvre originale.

Œuvre originale

Pièce unique réalisée par l’artiste.

Indisponible
LF153 · RÉCIT

L’HISTOIRE DE L’ŒUVRE

Le MoMA date l’œuvre de 2022 sur sa page d’exposition et dans sa checklist, tandis que son rapport d’acquisitions 2023 situe sa conception entre 2021 et 2022. L’ensemble acquis par le musée est décrit comme une œuvre numérique en trois parties : Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA, Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA Fluid Dreams et Unsupervised — Machine Hallucinations — MoMA Generative Study.

La composante principale a été montrée dans l’Agnes Gund Garden Lobby du Museum of Modern Art, du 19 novembre 2022 au 29 octobre 2023, dans l’exposition Refik Anadol: Unsupervised. Organisée par Michelle Kuo et Paola Antonelli, avec Lydia Mullin, cette présentation installait l’œuvre dans un lieu de passage public. Les conditions du hall, notamment la lumière, le mouvement, l’acoustique et la météo extérieure, influaient sur l’animation et le son.

L’œuvre a ensuite été acquise par le MoMA comme don de 1of1, mené par Ryan Zurrer, et de la RFC Collection, menée par Pablo Rodríguez-Fraile et Desiree Casoni. Le rapport d’acquisitions 2023 l’inscrit au département Media and Performance. Le MoMA indique également que l’œuvre est tokenisée sur une blockchain, présentée comme un registre public de l’art d’Anadol.

Chaque œuvre conserve la mémoire de sa création, des intentions de l’artiste et des rencontres qui ont accompagné son parcours.

LF153 · REGARD

PREMIÈRE RENCONTRE

À la première rencontre, le regard ne se fixe pas sur une image stable : il rencontre un grand mur-écran où des formes apparaissent et se transforment continuellement avec le son. On peut éprouver cette instabilité comme une image en train de se faire, d’autant que les conditions du Gund Lobby influaient elles aussi sur le dispositif.

POURQUOI REGARDER CETTE ŒUVRE

Parce que l’œuvre fait coexister deux temporalités très concrètes : les données d’une collection muséale et les variations immédiates du Gund Lobby. Prendre le temps de la regarder, c’est observer comment une archive peut devenir une forme instable, sonore et dépendante de son environnement.

CE QU’IL FAUT REGARDER

  • La transformation continue des formes sur l’écran LED, plutôt qu’une image ou une séquence fixe.
  • Le dialogue entre l’animation numérique en temps réel et le son.
  • La manière dont les données publiquement disponibles de la collection du MoMA servent de matériau au système génératif.
  • L’effet des conditions du Gund Lobby — lumière, mouvements, acoustique et météo extérieure — sur les images et le son.
  • La tension entre un mur-écran de grande dimension et les dimensions variables de l’œuvre.

LE REGARD D’ATHÉNA

Cette œuvre peut se lire comme une archive qui renonce à l’alignement tranquille de l’inventaire. Les données publiquement disponibles de la collection du MoMA n’y sont pas présentées comme une liste d’objets : elles deviennent des formes visuelles et sonores en métamorphose.

Le détail décisif est peut-être l’ouverture du système au hall. La lumière, les passages, l’acoustique et la météo extérieure ne forment pas un simple décor autour de l’écran ; ils participent à ses variations. Dans cette lecture, la mémoire muséale n’est plus seulement conservée : elle est mise en mouvement par le présent du lieu qui l’accueille.

L’ŒUVRE AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, l’œuvre peut faire penser à la place des données dans les institutions culturelles sans réduire cette question à une abstraction. Ici, des données de collection sont engagées dans une expérience visuelle et sonore qui reste changeante, parce qu’elle répond aussi à son environnement.

Cette situation rend sensible une tension contemporaine : conserver une mémoire n’implique pas nécessairement de la figer. Dans cette installation, l’archive du MoMA est mise en relation avec les passages, la lumière et l’acoustique d’un hall public ; elle devient, le temps de l’expérience, une matière qui se transforme.

CONTINUER LE VOYAGE

Pour prolonger la découverte, on peut consulter la checklist de l’exposition Refik Anadol: Unsupervised, qui distingue les trois composantes de l’ensemble : l’œuvre principale, Fluid Dreams et Generative Study. La page d’exposition du MoMA permet aussi d’examiner plus précisément le rôle des données de collection et des signaux environnementaux du Gund Lobby dans le fonctionnement de l’installation.

Ici, l’archive ne se range pas : elle se transforme au rythme d’un hall en mouvement.

ET VOUS ?

01
Que devient une collection muséale lorsque ses données prennent la forme d’images et de sons en transformation continue ?
02
Comment la lumière, les passages et l’acoustique du Gund Lobby modifiaient-ils l’expérience d’un même mur-écran ?
03
Que regardons-nous exactement lorsque le système génératif produit sans cesse de nouvelles formes à partir de données de collection ?
04
En quoi le son transforme-t-il la perception de ces images numériques en temps réel ?
05
La spécificité au site déplace-t-elle l’œuvre du côté de l’installation plutôt que de l’image autonome ?
06
Comment le titre Machine Hallucinations oriente-t-il notre regard sans attribuer une conscience ou une intention humaine au système ?