PARIS • FRANCE
Né à Rio de Janeiro en 1962, Eduardo Kac commence sa trajectoire artistique au début des années 1980 par des performances et interventions publiques. Sa pratique s’étend alors à la poésie visuelle, à la photographie, aux livres d’artiste et aux premiers médias numériques. En 1983, il invente l’holopoésie, une forme poétique utilisant l’holographie et le déplacement du regardeur.
À partir de 1986, il développe ce qu’il nomme l’art de la téléprésence : des dispositifs telerobotiques et en réseau qui permettent à des participants éloignés d’agir et de faire l’expérience d’autres formes de présence. Son travail aborde ainsi les effets esthétiques, sociaux et perceptifs des communications à distance.
Dans les années 1990, Eduardo Kac engage des œuvres associant organismes non humains, réseaux et technologies. Avec Time Capsule (1997), il emploie le terme « bio art » pour désigner un tournant de sa recherche ; ses œuvres transgéniques et ses projets ultérieurs prolongent une réflexion sur les relations entre humain et non-humain, vivant et machine, biologique et technologique. Il est professeur à la School of the Art Institute of Chicago.
La démarche d’Eduardo Kac explore les seuils : entre présence locale et présence distante, corps humain et corps telerobotique, organismes vivants et systèmes techniques. Pour lui, la téléprésence ne se réduit pas à une opération à distance : elle construit une expérience, une subjectivité et un espace social partagés.
Ses projets de bio art prolongent cette recherche en mettant en crise les séparations habituelles entre le vivant et la machine, l’humain et le non-humain. Plutôt que d’illustrer la science, ils proposent des situations esthétiques où technologie, langage, éthique et relations interespèces deviennent inséparables.