PARIS • FRANCE
Harold Cohen naît le 1 mai 1928 et se forme à la peinture au Slade School of Fine Arts de Londres. Il se fait d’abord connaître comme peintre abstrait et représente la Grande-Bretagne dans plusieurs manifestations internationales des années 1960, dont la Biennale de Venise, documenta 3 et la Biennale de Paris. En 1968, il rejoint l’University of California San Diego comme enseignant invité ; cette installation marque un tournant décisif dans sa pratique.
À San Diego, Cohen apprend la programmation et s’intéresse aux recherches en intelligence artificielle. Invité en 1971 au laboratoire d’intelligence artificielle de Stanford, il développe AARON : un programme et, progressivement, un ensemble de dispositifs de tracé et de peinture destinés à simuler certains processus cognitifs impliqués dans l’acte de dessiner. Plotters, « turtle » robotique et machine à peindre deviennent les instruments matériels de cette recherche.
AARON évolue avec Cohen pendant plusieurs décennies. D’abord orienté vers l’abstraction, le système produit ensuite des images figuratives — rochers, plantes et personnages — avant un retour à des formes abstraites plus complexes. Cohen expose ces réalisations dans des musées, galeries et centres scientifiques aux États-Unis, en Europe et au Japon. Professeur émérite de l’UC San Diego, il meurt le 27 avril 2016 à Encinitas, en Californie.
La démarche de Harold Cohen ne consiste pas simplement à automatiser une image : elle cherche à comprendre quels processus rendent une image intelligible, évocatrice et capable de susciter des associations chez le regardeur. Avec AARON, Cohen construit une simulation machinique de l’acte de dessiner et traite le programme comme un collaborateur artistique. Son œuvre place ainsi la créativité, la cognition, les règles formelles et l’autonomie de la machine au cœur de la pratique picturale.