PARIS • FRANCE
Vera Molnár naît le 5 janvier 1924 à Budapest. Française, hongroise à la naissance, elle s’installe à Paris en 1947 et y vit jusqu’à sa mort, le 7 décembre 2023.
Son œuvre s’ancre d’abord dans l’abstraction géométrique d’après-guerre. À partir de la fin des années 1950 et du début des années 1960, elle développe une méthode de travail systématique qu’elle appelle la « machine imaginaire » : un ensemble de règles, de variations et de procédures permettant d’explorer méthodiquement les transformations d’une forme.
En 1968, Vera Molnár devient la première artiste en France à réaliser des dessins numériques au moyen d’un ordinateur connecté à une table traçante. L’ordinateur n’efface pas le geste artistique : il lui permet d’éprouver, par séries, les effets de l’ordre, de l’écart, du hasard et d’un certain pourcentage de désordre.
Son travail explore durablement les familles de formes, leurs mutations, la répétition et la sérialité. Carrés, lignes, lettres, grilles et structures géométriques deviennent les éléments d’une recherche visuelle où la rigueur du programme rencontre l’intuition du regard.
La pratique de Vera Molnár procède par hypothèses : fixer une règle simple, la faire varier pas à pas, observer ce que chaque modification produit. Sa « machine imaginaire » met ainsi en dialogue programme, geste, intuition et perception.
Chez elle, la géométrie n’est pas un langage froid : elle est un terrain d’expérimentation sensible. La répétition rend visibles les différences ; l’introduction contrôlée d’un écart ou d’un désordre fait émerger des formes imprévues.