PARIS • FRANCE
Née à Paris en 1930 de parents vénézuéliens, María Sol Escobar adopte à l’adolescence le nom de Marisol. Son enfance se déroule entre plusieurs villes, notamment Caracas et New York, avant une formation artistique à Paris puis à New York. Elle étudie entre autres à l’École des Beaux-Arts, à la New School for Social Research et auprès de Hans Hofmann.
En 1954, Marisol délaisse la peinture pour la sculpture, après une rencontre déterminante avec l’art précolombien. À la fin des années 1950, elle élabore ses assemblages figuratifs caractéristiques : blocs de bois sculptés et peints, auxquels s’ajoutent objets trouvés, dessins et éléments en relief. Ses œuvres abordent la famille, les mondanités, les célébrités, les responsables politiques et les images de l’histoire de l’art.
Dans les années 1960, son travail est fréquemment associé au Pop Art, tout en conservant une position singulière : plutôt que d’adopter l’impersonnalité de la production de masse, Marisol compose des portraits satiriques et profondément ambigus. Après avoir représenté le Venezuela à la Biennale de Venise de 1968, elle se retire temporairement de la scène artistique et voyage. Elle reprend ensuite son travail, notamment autour de formes marines, de figures artistiques et de réinterprétations de chefs-d’œuvre. Marisol meurt à New York en 2016.
Marisol ne formule pas ici un manifeste unique. Son œuvre peut toutefois être abordée comme une enquête sur la fabrication des identités : identité familiale, féminine, sociale, médiatique ou historique. Par le recours à la sculpture figurative, à l’assemblage et à l’autoportrait disséminé dans certaines œuvres, elle met en tension présence individuelle et rôle social.