PARIS • FRANCE
Sir Eduardo Luigi Paolozzi naît le 7 mars 1924 à Leith, à Édimbourg, de parents italiens. Il suit des cours à l’Edinburgh College of Art en 1943, étudie ensuite à Saint Martin’s School of Art puis à la Slade School of Fine Art de Londres. En 1947, il part vivre à Paris pendant deux ans. Il y découvre de près les réseaux du dadaïsme, du surréalisme et de l’Art Brut, et rencontre notamment Jean Arp, Constantin Brancusi et Alberto Giacometti.
De retour à Londres, Paolozzi développe parallèlement sculpture, collage, dessin et estampe, tout en enseignant dans plusieurs écoles d’art. Ses assemblages et ses collages mobilisent des images publicitaires, des magazines, des bandes dessinées, des fragments mécaniques et des objets trouvés. Cette attention à la culture populaire, aux médias de masse et aux technologies le place parmi les artistes qui ont préparé l’émergence du Pop Art britannique.
Paolozzi est l’un des membres fondateurs de l’Independent Group, associé dans les années 1950 à l’Institute of Contemporary Arts de Londres. Son œuvre, qui dépasse largement l’étiquette Pop, s’étend aussi à la mosaïque, à la céramique, à la tapisserie et au film. Parmi ses réalisations publiques les plus célèbres figure le vaste décor de mosaïques de la station Tottenham Court Road à Londres, achevé en 1984. Il est fait chevalier en 1989. Il meurt à Londres le 22 avril 2005.
Chez Eduardo Paolozzi, l’objet ordinaire n’est jamais neutre : image publicitaire, jouet, fragment mécanique, bande dessinée ou pièce trouvée deviennent les matériaux d’une métamorphose. Son travail fait dialoguer l’héritage dadaïste et surréaliste avec les médias de masse, la science et la technologie.
Plutôt que d’opposer l’humain à la machine, Paolozzi explore leurs frottements : la machine devient forme, archive, prothèse imaginaire et réservoir d’images. Cette pensée se déploie d’un médium à l’autre — collage, sculpture, estampe, céramique, mosaïque ou tapisserie — selon une logique de montage et de circulation des signes.