Peinte par Léonard de Vinci vers 1503-1519, La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne réunit sainte Anne, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus dans un paysage aux lointains bleutés. L’Enfant joue avec un agneau, associé par la documentation du Louvre à l’emblème de la Passion du Christ. Huile sur bois de peuplier conservée au Musée du Louvre, l’œuvre a été poursuivie jusqu’à la mort de Léonard et conserve des zones inachevées, notamment dans le paysage et certaines figures.
La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne rassemble trois générations : sainte Anne, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus. Au centre de l’action, l’Enfant joue avec un agneau. Ce motif, auquel la documentation du Louvre associe l’emblème de la Passion du Christ, introduit dans la scène familiale un élément de tension et d’anticipation.
Le groupe se détache devant un paysage dont les lointains bleutés et la perspective atmosphérique ont été remis en évidence par la restauration engagée à partir de 2010. Le manteau de la Vierge, avec ses bleus de lapis-lazuli, et les rouges violacés obtenus avec une laque de kermès comptent parmi les éléments rendus plus lisibles par cette intervention.
L’œuvre possède aussi une singularité matérielle : les examens scientifiques ont confirmé que certaines parties, notamment dans la zone médiane du paysage et dans certaines figures, sont restées inachevées. Commencée à Florence vers 1503 au plus tard, elle fut conservée par Léonard jusqu’à sa mort en 1519 afin d’en poursuivre l’exécution.
Vinci · Italie
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Peintre, dessinateur, ingénieur et anatomiste, Léonard de Vinci incarne l'esprit de la Renaissance. Il observe le corps humain, le vol des oiseaux, l'eau, la lumière et les machines avec une même curiosité. Chez lui, l'art et la science ne sont pas deux mondes : ils sont deux façons de comprendre le réel.
par Léonard de Vinci
La conception de La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne s’inscrit dans un processus de recherche prolongé. Le Louvre documente des études et des variantes autour du thème de sainte Anne, de la Vierge et de l’Enfant. Le dessin conservé sous le numéro RF 460 constitue une première pensée liée à la peinture ; son action est inversée par rapport au tableau du Louvre et au carton conservé à la National Gallery de Londres. Ces écarts montrent que Léonard a envisagé plusieurs orientations de la composition.
Le carton londonien, présenté comme un premier projet de la Sainte Anne trinitaire, comprend saint Jean Baptiste, absent de la peinture du Louvre. Au fil des recherches, la position de l’Enfant et le sens de l’action ont été modifiés.
La réalisation elle-même s’étend vers 1503-1519. Léonard aurait commencé le tableau à Florence, puis l’aurait gardé jusqu’à sa mort pour en poursuivre l’exécution. L’œuvre est une huile sur bois de peuplier. Les examens et la restauration ont confirmé l’inachèvement de certaines zones, tandis que l’allègement des vernis oxydés et le retrait de repeints altérés ont rendu plus visibles les bleus de lapis-lazuli, les rouges violacés à la laque de kermès, le modelé des figures et les lointains du paysage.
Vinci · Italie
« « Tout notre savoir a son origine dans nos perceptions. » »
Peintre, dessinateur, ingénieur et anatomiste, Léonard de Vinci incarne l'esprit de la Renaissance. Il observe le corps humain, le vol des oiseaux, l'eau, la lumière et les machines avec une même curiosité. Chez lui, l'art et la science ne sont pas deux mondes : ils sont deux façons de comprendre le réel.
Les éléments ci-dessous permettent d’identifier et de documenter l’authenticité de cette œuvre.
Cette œuvre peut exister sous plusieurs formes, chacune respectant son identité et l’intention artistique de son créateur.
Pièce unique réalisée par l’artiste.
Tirage d’art produit selon les spécifications validées par l’artiste.
Une manifestation textile officielle développée en collaboration avec l’artiste.
Version numérique de l’œuvre destinée à la diffusion ou à la collection.
Édition imprimée décorative issue de l’œuvre originale.
Les disponibilités sont données à titre indicatif. LF153 confirme chaque demande avant validation définitive de l’acquisition.
L’élaboration du thème de sainte Anne, de la Vierge et de l’Enfant est documentée dès 1499 par des études de Léonard de Vinci. Il convient toutefois de distinguer ces premières recherches de l’exécution du grand tableau aujourd’hui conservé au Louvre. Le dessin du Louvre intitulé Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant, conservé sous le numéro RF 460, est présenté comme une première pensée liée à la conception de la peinture. Son action est inversée par rapport au tableau du Louvre et au carton de la National Gallery de Londres, attestant que Léonard a exploré plusieurs orientations pour son groupe de figures.
Le carton londonien est présenté par le Louvre comme un premier projet de la Sainte Anne trinitaire. Il comprend saint Jean Baptiste, qui n’apparaît pas dans la version peinte du Louvre. Ces documents permettent de suivre une recherche où l’artiste modifie le sens de l’action et la position de l’Enfant.
Selon le Louvre, le tableau aurait été commencé à Florence vers 1503 au plus tard. Cette période correspond à l’activité florentine de Léonard, alors que le musée rapproche le choix de sainte Anne du contexte local : après le rétablissement de la République en 1494, les honneurs rendus à cette sainte, protectrice de la cité depuis le soulèvement du 26 juillet 1343, se sont intensifiés. Le Louvre met également ce contexte en relation avec l’exécution de la Bataille d’Anghiari à partir de 1503.
Léonard aurait gardé La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne jusqu’à sa mort en 1519 afin d’en poursuivre l’exécution. La notice du Louvre indique ainsi que l’œuvre est demeurée inachevée. Les examens scientifiques menés avant la restauration ont confirmé que des zones de la partie médiane du paysage et certaines figures conservent cet état. Cet inachèvement documenté ne signifie pas que la peinture soit dépourvue de cohérence visuelle.
L’œuvre serait très probablement entrée dans la collection de François Ier en 1518, alors que Léonard était encore vivant ; cette acquisition est formulée par le Louvre comme probable et non comme absolument certaine. Le tableau est aujourd’hui conservé au Musée du Louvre, au Département des Peintures, sous les numéros d’inventaire INV 776 et MR 319.
Une restauration conduite à partir de 2010, après des examens scientifiques préliminaires, a été réalisée par Cinzia Pasquali au C2RMF. Elle a notamment consisté à alléger des vernis oxydés et à retirer certains repeints altérés. Cette intervention a permis de mieux percevoir les bleus de lapis-lazuli du manteau de la Vierge, les rouges violacés à la laque de kermès, le modelé des figures et la profondeur atmosphérique du paysage.
Chaque œuvre conserve la mémoire de sa création, des intentions de l’artiste et des rencontres qui ont accompagné son parcours.
Le regard rencontre un groupe de trois générations : sainte Anne, la Vierge et l’Enfant. Puis l’attention est attirée par le jeu de l’Enfant avec l’agneau, qui donne à la scène son mouvement le plus immédiat. Derrière les figures, les lointains bleutés ouvrent l’espace ; certaines zones inachevées rappellent que la peinture est aussi le résultat d’un travail poursuivi durant de longues années.
Pour observer comment une scène réunissant sainte Anne, la Vierge, l’Enfant et l’agneau fait tenir ensemble une relation familiale, un geste de jeu et l’interprétation de l’agneau comme emblème de la Passion. Les lointains bleutés, les couleurs révélées par la restauration et les zones restées inachevées donnent aussi à voir la durée concrète de son élaboration.
Cette peinture peut se lire comme une scène où plusieurs temps coexistent. La présence de sainte Anne, de la Vierge et de l’Enfant rassemble trois générations, tandis que l’agneau introduit, selon l’interprétation proposée par la documentation du Louvre, l’horizon de la Passion. Le jeu de l’Enfant paraît ainsi retenir ensemble une action présente et un sens à venir.
Les zones inachevées du paysage et de certaines figures ajoutent une autre forme de temps : celui du travail resté visible. Elles ne retirent pas sa force au tableau ; elles permettent au contraire de percevoir une œuvre poursuivie jusqu’à la mort de Léonard, entre recherche de composition, matière colorée et ouverture du paysage.
Aujourd’hui, cette œuvre peut faire éprouver la coexistence de ce qui est achevé et de ce qui demeure en recherche. Le groupe de trois générations donne à voir une proximité familiale, tandis que l’agneau ouvre, selon la lecture documentée par le Louvre, vers la Passion. Les zones inachevées rendent sensible une peinture qui ne dissimule pas entièrement le temps de sa propre fabrication.
Dans une image souvent regardée pour son harmonie, le tableau invite aussi à ralentir : à suivre le passage des figures au paysage, des couleurs restaurées aux parties restées ouvertes, et du jeu de l’Enfant à ce qu’il peut annoncer.
Pour prolonger l’observation, découvrez le dessin de Léonard Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant, conservé au Louvre sous le numéro RF 460. Cette première pensée présente une action inversée par rapport au tableau et au carton de la National Gallery de Londres. Le carton londonien, premier projet de la Sainte Anne trinitaire selon le Louvre, permet également de mesurer les transformations de la composition, notamment par la présence de saint Jean Baptiste, absent de la peinture du Louvre.
Entre le jeu de l’Enfant et l’agneau, la peinture laisse entrer tout le temps de l’œuvre.