La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne

Par Léonard de Vinci

Peinte par Léonard de Vinci vers 1503-1519, La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne réunit sainte Anne, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus dans un paysage aux lointains bleutés. L’Enfant joue avec un agneau, associé par la documentation du Louvre à l’emblème de la Passion du Christ. Huile sur bois de peuplier conservée au Musée du Louvre, l’œuvre a été poursuivie jusqu’à la mort de Léonard et conserve des zones inachevées, notamment dans le paysage et certaines figures.

01 Découvrir l’œuvre
Léonard de Vinci
LF153 · IDENTITÉ DE L’ŒUVRE

Caractéristiques

Technique Huile
Support Bois de peuplier
Dimensions H. 168 cm ; L. 113 cm, élargie ultérieurement à 130 cm.
Année de création 1503
Édition Œuvre unique
Référence LF153 LF153-2026-002

L’œuvre

La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne rassemble trois générations : sainte Anne, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus. Au centre de l’action, l’Enfant joue avec un agneau. Ce motif, auquel la documentation du Louvre associe l’emblème de la Passion du Christ, introduit dans la scène familiale un élément de tension et d’anticipation.

Le groupe se détache devant un paysage dont les lointains bleutés et la perspective atmosphérique ont été remis en évidence par la restauration engagée à partir de 2010. Le manteau de la Vierge, avec ses bleus de lapis-lazuli, et les rouges violacés obtenus avec une laque de kermès comptent parmi les éléments rendus plus lisibles par cette intervention.

L’œuvre possède aussi une singularité matérielle : les examens scientifiques ont confirmé que certaines parties, notamment dans la zone médiane du paysage et dans certaines figures, sont restées inachevées. Commencée à Florence vers 1503 au plus tard, elle fut conservée par Léonard jusqu’à sa mort en 1519 afin d’en poursuivre l’exécution.

LF153 · L’ARTISTE

Léonard de Vinci

Vinci · Italie

« « Tout notre savoir a son origine dans nos perceptions. » »
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Présentation

Peintre, dessinateur, ingénieur et anatomiste, Léonard de Vinci incarne l'esprit de la Renaissance. Il observe le corps humain, le vol des oiseaux, l'eau, la lumière et les machines avec une même curiosité. Chez lui, l'art et la science ne sont pas deux mondes : ils sont deux façons de comprendre le réel.

LF153 · ARCHIVES

Les éléments ci-dessous permettent d’identifier et de documenter l’authenticité de cette œuvre.

Référence LF153LF153-2026-002
Numéro d’œuvre2
SignatureNon renseignée
CertificatNon renseigné
Le passeport de cette œuvre ne contient encore aucun événement public.
LF153 · ACQUISITION

Cette œuvre peut exister sous plusieurs formes, chacune respectant son identité et l’intention artistique de son créateur.

Œuvre originale

Pièce unique réalisée par l’artiste.

Indisponible

Édition Fine Art

Tirage d’art produit selon les spécifications validées par l’artiste.

Indisponible

Adaptation textile LF153

Une manifestation textile officielle développée en collaboration avec l’artiste.

Indisponible

Format numérique

Version numérique de l’œuvre destinée à la diffusion ou à la collection.

Indisponible

Affiche

Édition imprimée décorative issue de l’œuvre originale.

Indisponible
Statut Original disponible
Référence LF153 LF153-2026-002
Disponibilité générale Disponible

Les disponibilités sont données à titre indicatif. LF153 confirme chaque demande avant validation définitive de l’acquisition.

LF153 · RÉCIT

L’HISTOIRE DE L’ŒUVRE

L’élaboration du thème de sainte Anne, de la Vierge et de l’Enfant est documentée dès 1499 par des études de Léonard de Vinci. Il convient toutefois de distinguer ces premières recherches de l’exécution du grand tableau aujourd’hui conservé au Louvre. Le dessin du Louvre intitulé Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant, conservé sous le numéro RF 460, est présenté comme une première pensée liée à la conception de la peinture. Son action est inversée par rapport au tableau du Louvre et au carton de la National Gallery de Londres, attestant que Léonard a exploré plusieurs orientations pour son groupe de figures.

Le carton londonien est présenté par le Louvre comme un premier projet de la Sainte Anne trinitaire. Il comprend saint Jean Baptiste, qui n’apparaît pas dans la version peinte du Louvre. Ces documents permettent de suivre une recherche où l’artiste modifie le sens de l’action et la position de l’Enfant.

Selon le Louvre, le tableau aurait été commencé à Florence vers 1503 au plus tard. Cette période correspond à l’activité florentine de Léonard, alors que le musée rapproche le choix de sainte Anne du contexte local : après le rétablissement de la République en 1494, les honneurs rendus à cette sainte, protectrice de la cité depuis le soulèvement du 26 juillet 1343, se sont intensifiés. Le Louvre met également ce contexte en relation avec l’exécution de la Bataille d’Anghiari à partir de 1503.

Léonard aurait gardé La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne jusqu’à sa mort en 1519 afin d’en poursuivre l’exécution. La notice du Louvre indique ainsi que l’œuvre est demeurée inachevée. Les examens scientifiques menés avant la restauration ont confirmé que des zones de la partie médiane du paysage et certaines figures conservent cet état. Cet inachèvement documenté ne signifie pas que la peinture soit dépourvue de cohérence visuelle.

L’œuvre serait très probablement entrée dans la collection de François Ier en 1518, alors que Léonard était encore vivant ; cette acquisition est formulée par le Louvre comme probable et non comme absolument certaine. Le tableau est aujourd’hui conservé au Musée du Louvre, au Département des Peintures, sous les numéros d’inventaire INV 776 et MR 319.

Une restauration conduite à partir de 2010, après des examens scientifiques préliminaires, a été réalisée par Cinzia Pasquali au C2RMF. Elle a notamment consisté à alléger des vernis oxydés et à retirer certains repeints altérés. Cette intervention a permis de mieux percevoir les bleus de lapis-lazuli du manteau de la Vierge, les rouges violacés à la laque de kermès, le modelé des figures et la profondeur atmosphérique du paysage.

Chaque œuvre conserve la mémoire de sa création, des intentions de l’artiste et des rencontres qui ont accompagné son parcours.

LF153 · REGARD

PREMIÈRE RENCONTRE

Le regard rencontre un groupe de trois générations : sainte Anne, la Vierge et l’Enfant. Puis l’attention est attirée par le jeu de l’Enfant avec l’agneau, qui donne à la scène son mouvement le plus immédiat. Derrière les figures, les lointains bleutés ouvrent l’espace ; certaines zones inachevées rappellent que la peinture est aussi le résultat d’un travail poursuivi durant de longues années.

POURQUOI REGARDER CETTE ŒUVRE

Pour observer comment une scène réunissant sainte Anne, la Vierge, l’Enfant et l’agneau fait tenir ensemble une relation familiale, un geste de jeu et l’interprétation de l’agneau comme emblème de la Passion. Les lointains bleutés, les couleurs révélées par la restauration et les zones restées inachevées donnent aussi à voir la durée concrète de son élaboration.

CE QU’IL FAUT REGARDER

  • Le groupe formé par sainte Anne, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus.
  • Le geste de l’Enfant jouant avec l’agneau.
  • Les bleus de lapis-lazuli du manteau de la Vierge, rendus plus nets par la restauration.
  • Les rouges violacés obtenus avec une laque de kermès.
  • Les lointains bleutés, la perspective atmosphérique et les zones inachevées de la partie médiane du paysage.

LE REGARD D’ATHÉNA

Cette peinture peut se lire comme une scène où plusieurs temps coexistent. La présence de sainte Anne, de la Vierge et de l’Enfant rassemble trois générations, tandis que l’agneau introduit, selon l’interprétation proposée par la documentation du Louvre, l’horizon de la Passion. Le jeu de l’Enfant paraît ainsi retenir ensemble une action présente et un sens à venir.

Les zones inachevées du paysage et de certaines figures ajoutent une autre forme de temps : celui du travail resté visible. Elles ne retirent pas sa force au tableau ; elles permettent au contraire de percevoir une œuvre poursuivie jusqu’à la mort de Léonard, entre recherche de composition, matière colorée et ouverture du paysage.

L’ŒUVRE AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, cette œuvre peut faire éprouver la coexistence de ce qui est achevé et de ce qui demeure en recherche. Le groupe de trois générations donne à voir une proximité familiale, tandis que l’agneau ouvre, selon la lecture documentée par le Louvre, vers la Passion. Les zones inachevées rendent sensible une peinture qui ne dissimule pas entièrement le temps de sa propre fabrication.

Dans une image souvent regardée pour son harmonie, le tableau invite aussi à ralentir : à suivre le passage des figures au paysage, des couleurs restaurées aux parties restées ouvertes, et du jeu de l’Enfant à ce qu’il peut annoncer.

CONTINUER LE VOYAGE

Pour prolonger l’observation, découvrez le dessin de Léonard Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant, conservé au Louvre sous le numéro RF 460. Cette première pensée présente une action inversée par rapport au tableau et au carton de la National Gallery de Londres. Le carton londonien, premier projet de la Sainte Anne trinitaire selon le Louvre, permet également de mesurer les transformations de la composition, notamment par la présence de saint Jean Baptiste, absent de la peinture du Louvre.

Entre le jeu de l’Enfant et l’agneau, la peinture laisse entrer tout le temps de l’œuvre.

ET VOUS ?

01
Comment le jeu de l’Enfant avec l’agneau transforme-t-il la lecture du groupe formé par sainte Anne et la Vierge ?
02
Que change la présence de trois générations dans l’équilibre de cette composition ?
03
Comment les lointains bleutés modifient-ils la perception des figures au premier plan ?
04
Que remarquez-vous dans le bleu de lapis-lazuli du manteau de la Vierge après les révélations de la restauration ?
05
Les zones inachevées du paysage vous semblent-elles interrompre l’image ou en rendre le temps de travail plus sensible ?
06
Que révèle la comparaison avec le dessin RF 460, où l’action est inversée, sur les recherches de composition de Léonard ?